
Oma Commercy
La madeleine de Proust
La madeleine, c’est parce qu’on est à Commercy. Et Proust, c’est parce que ce n’est désormais plus qu’un souvenir. Dix-neuf ans au côté d’une équipe de résistants de la culture, de pirates du théâtre, de rêveurs des campagnes, et puis, un jour, tout s’est arrêté.
Plus aucun moyen financier pour soutenir et promouvoir la jolie saison théâtrale de la petite cité lorraine. Ce n’était pourtant pas le montant de nos services qui était trop élevé : chaque détail avait déjà fait l’objet d’une optimisation salutaire depuis 2006, défiant la hausse du coût de la vie comme l’inflation. Rien n’avait fait lâcher notre camarade Jean-Louis Pirlot, le doux capitaine de ce navire lumineux voguant sur les eaux tumultueuses de la désertification rurale : ni la crise des subprimes, ni les alternances politiques, ni le départ des principaux services publics, ni la suppression de la ligne de train, ni le Covid, ni la guerre en Ukraine. Jean-Louis et nous, c’est dix-neuf ans de mariage d’une stabilité inébranlable, dans l’amour des petits miracles de sens qui se griffonnent sur le fil des spectacles à venir. Un croquis rapide qui se transforme en un objet photographié, quelques chiures de gomme, et des ronds de café restés sur la table, sous la tonnelle de l’Atelier. Aucun changement majeur dans le dispositif depuis 2006, une poésie visuelle universelle et éternelle, dans un rayon de couleur pour souligner chaque nouveau printemps. Alors Jean-Louis, si tu nous lis, on te dit merci.
Découvrez ces projets








